PORTRAIT D’EXPAT EN GÉORGIE (pays) : Un terrain de jeu pour profiter de la vie!

Nikolas Masutti est un ingénieur civil de 37 ans natif de Montréal (Canada). Lorsqu’il était jeune, ses voyages l’amenaient surtout en Italie afin de visiter sa famiglia. Son premier roadtrip, il l’a fait à l’âge de 19 ans, en Amérique du Nord, à bord d’une vieille Sunfire ! De nombreux autres roadtrips et voyages de type sacs à dos se sont succédés. Environ 6 mois après la fin de ses études à l’Université Laval de Québec, son grand-père décède. C’était comme son père. Il demande alors à son patron de l’envoyer travailler à l’étranger afin de noyer sa peine. Ça été le début de son expatriation. Direction Barcelone pour 3 mois et des semaines de travail de 120 heures. Une situation qu’il juge parfaite pour vivre son deuil. Tout s’est ensuite enchainé. Trois ans et demi sans prendre une seule journée de vacance où il a notamment élu domicile à New-York et reposé ses valises en Espagne. Fin 2009, son médecin lui conseille de prendre du repos. Un long périple de 8 mois autour du monde fait office de remède. Et c’est le retour à un rythme effréné où il est retourné vivre 2 ans à New-York et 4 ans en Californie. Cet ingénieur prospère faisait des envieux… de gros salaires, de belles destinations, de beaux défis. Et pourtant, il avait l’impression de passer à côté de la vraie vie. Un changement de cap s’est donc amorcé en 2016. C’est donc autour d’une bonne bouteille de vin local et de khachapuri que je me suis entretenue avec cet expat en Géorgie.

Nikolas Masutti en randonnée à Tusheti en Géorgie | © O. P.

Tu as mis les pieds dans une soixantaine de pays mais tu as choisi un petit pays méconnu dans la région du Caucase, la Géorgie, pour poser tes valises. Il faut dire qu’une belle géorgienne faisait aussi partie de l’équation…

J’ai rencontré ma blonde à un arrêt d’autobus en Cappadoce en Turquie pendant mon tour du monde en 2010. C’est une géorgienne qui faisait ses études à la maitrise là-bas. C’était juste friendly mais on a toujours gardé contact via les réseaux sociaux. Elle me demandait souvent de venir la visiter en Géorgie mais avec le travail, j’étais débordé. Et l’an passé, je me suis dit « ok, je vais y aller deux semaines ! ». C’était en avril 2016. On s’est revus après 6 ans. C’était vraiment top. C’était unique ! J’ai eu un coup de foudre pour le pays… et pour elle ! Je suis ensuite revenu la visiter en juillet et en septembre. J’ai officiellement quitté mon job en octobre, j’ai vendu mes deux condos à Montréal très rapidement et en novembre, je suis arrivé avec tous mes trucs ici !

Tous les signes étaient là pour que je parte à l’aventure !

Nikolas et sa conjointe géorgienne Anano à Tbilisi en Géorgie | © Nikolas Masutti

Comment peux-tu résumer ta dernière année ?

Au cours de la dernière année, j’ai passé autant de temps à voyager (il a visité une vingtaine de pays), à profiter de la vie qu’à m’adapter lentement à mon nouveau chez-moi et à organiser ma nouvelle vie. J’ai pris et je prends toujours des cours de géorgien.* Malgré ce que le monde dit, il est préférable d’apprendre la langue du pays si on compte y vivre, y travailler et faire des affaires. C’est aussi une question de respect d’apprendre la langue du pays hôte. J’en ai aussi profité pour me trimbaler aux quatre coins de la Géorgie pour découvrir le pays. Et le reste du temps fut consacré à démarrer ma propre business en immobilier/tourisme. J’ai déjà acquis 3 appartements à des fins commerciales à Tbilisi.

* Le géorgien est l’une des langues les plus difficiles à apprendre. Elle est parlée par seulement 4 millions de personnes dans le monde. L’anglais est généralement assez bien parlé par les plus jeunes générations en Géorgie. Les plus âgés parlent, pour la plupart, le géorgien et le russe.

La région historique de Svaneti en Géorgie | © Nikolas Masutti
La région historique de Svaneti en Géorgie | © Nikolas Masutti

À tes yeux, la Géorgie, c’est quoi ?

C’est la simplicité, la nature, la bonne bouffe, le bon vin, c’est l’histoire ! Je suis un grand passionné d’histoire. J’ai lu quelques livres et plusieurs articles sur l’histoire du pays, c’est mon côté geek ! Il y a des quartiers à Tbilisi qui sont uniques et qui permettent de découvrir des époques lointaines.

Un vieil immeuble à Tbilisi en Géorgie | © Anano K.

Les choses se font assez simplement et à moindres coûts. C’est un pays vert avec de grands espaces, des montagnes, des forêts, des lacs… la nature ! Par exemple, je vis à deux pas d’un parc où je peux partir faire un hike de deux jours, tellement c’est grand. Tu as le luxe d’avoir de belles montagnes dans les grandes villes, l’air est frais et il n’y a personne dans les sentiers. Il faut dire que les gens ne sont pas très sportifs ici.

Coucher de soleil sur la région de Tusheti en Géorgie | © Nikolas Masutti

La Géorgie a un potentiel énorme. C’est comme un grand terrain de jeu !

Le lac Bateti en Géorgie | © Anano K.

Dans tout pays d’adoption, il y a quand même des choses que l’on aime moins, qui nous marque plus. Qu’en est-il de la Géorgie ?

Il y a bien sûr la barrière de la langue mais j’apprends ! Le point le plus important, et ça inclut aussi la langue, c’est la différence de mentalité. C’est tout un choc culturel. Ça m’offre un grand sentiment voulu de dépaysement et tout est plutôt exotique. Mais cette différence de mentalité peut être frustrante de temps en temps ! Je m’adapte au quotidien. Malgré tout, les plus jeunes générations ont tout de même une mentalité de plus en plus occidentalisée.

Anano et des amis au chalet de Kiketi en Géorgie | © Nikolas Masutti

Sinon, il y a encore beaucoup d’éducation à faire notamment au niveau de la pollution. Il arrive souvent que les gens jettent leurs détritus un peu partout en pensant que quelqu’un d’autre va ramasser derrière eux. Un exemple qui m’a marqué, je marchais dans un sentier en forêt et une dame a jeté un sac d’ordures dans un ruisseau. Heureusement, il y a des regroupements d’expatriés qui se rencontrent à chaque semaine dans un parc ou un endroit précis pour nettoyer et ramasser les déchets. Je suis confiant que ça va s’améliorer avec les années car les Géorgiens commencent de plus en plus à se conscientiser. Par exemple, les nouveaux candidats à la mairie de Tbilisi promettent une ville plus verte, plus propre. C’est déjà ça ! Un des candidats en bonne position est Kakhaber Kaladze, un ancien joueur de soccer professionnel avec le prestigieux AC Milan et ancien ministre de l’énergie.

La ville de Stephantsminda (Kazbegi) en Géorgie | © Nikolas Masutti

Je vis vraiment bien avec un budget d’environ 1000-1200$ par mois.

Le coût de la vie

Ici, j’habite dans une super belle place de 60 mètres carrés, j’ai deux balcons, une grande chambre, des plafonds hauts, je suis dans l’un des quartiers les plus in et je paye 350$ par mois. Le gaz me coûte environ 10-20$ par mois, mon électricité 5$ par mois, mon cellulaire 7-8$ par mois et mon internet haute vitesse 15$ par mois. Pour la bouffe, si je mange chez-moi, ca peut me coûter 30-40$ par semaine… mais je mange presqu’exclusivement à l’extérieur ! Le reste de mon budget mensuel est conservé afin de me permettre de faire un voyage de deux semaines à chaque 3 mois. Quoique j’ai beaucoup plus voyagé dans la dernière année (donc le budget a été revu à la hausse)!

* La salaire moyen en Géorgie est de 500-600 Lari par mois (environ 300$ par mois).

Anano dans les montagnes de Tusheti en Géorgie | © Nikolas Masutti
Il y a de la neige dans les montagnes l’hiver et dans la région de Borjomi. Sur la photo, la station de sports d’hiver Bakuriani. | © Nikolas Masutti

Et le futur dans tout ça, tu l’entrevois comment ?

Après ce que j’ai fais pendant 10 ans, je veux maintenant faire ce que j’aime. Et c’est exactement ce que je fais ! Même si je ne voyagerai pas autant, je veux me concentrer sur des projets qui me plaisent tout autant. Tout en faisant accroître mon capital en immobilier, je me dirige aussi vers des secteurs un peu plus divertissants, comme le tourisme. Je suis aussi en discussion avec un autre expat français avec qui nous avons des projets dans le secteur de la construction. J’ai également plusieurs idées qui visent surtout à améliorer les services offerts dans le pays. Le potentiel de la Géorgie est sans borne. Bref, je suis super excité et stimulé à propos de tout ça ! These are great times to be alive !

Nikolas et un ami québécois en randonnée dans la région de Tusheti en Géorgie |  © Nikolas Masutti
La région historique de Tusheti en Géorgie | © Nikolas Masutti

Le mot de la fin…

Même s’il ne se voit pas retourner vivre au Québec dans un avenir rapproché, Nikolas Masutti avoue être fier de ses racines montréalaises. Le fait d’être éloigné de sa famille est ce qu’il trouve le plus difficile, mais lorsqu’il retourne en sol canadien, il profite davantage du moment présent sans avoir l’esprit au travail et les yeux jamais bien loin de ses courriels.

Je veux juste une vie où je vais « tripper » à fond et avoir du fun ! Et pour l’instant, j’en ai !

Nikolas et Anano à Kiketi en Géorgie | © Anano K.

 Pour le moment, il est possible de joindre Nikolas Masutti via sa page Facebook.

4 commentaires

  1. Superbe entrevue Nathalie! Merci d’avoir partagé cette belle expérience unique! Je suis très heureuse d’avoir découvert la Géorgie grâce à ton site Web!

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